À qui incombe le paiement de l’État date ?

1 mars 2026

Exiger la vérité des chiffres, c’est parfois demander l’impossible. Pourtant, lors de la vente d’un bien en copropriété, la loi ne laisse aucune place à l’à-peu-près : le vendeur doit remettre à l’acheteur un document précis, l’état daté, récapitulant la situation financière du lot vendu. Un passage obligé qui ne tolère ni oubli ni approximation.

Qu’est-ce qu’un état daté ?

Difficile de contourner la loi Aur. Depuis son entrée en vigueur, impossible pour un vendeur de passer sous silence la situation de la copropriété. Il doit désormais remettre à l’acquéreur un ensemble de documents administratifs et financiers, réunis dans le fameux état daté, afin que l’acheteur sache exactement où il met les pieds. Avant cette loi, ces informations ne devaient être communiquées qu’au moment de l’acte authentique ; aujourd’hui, elles sont exigées dès la promesse de vente.

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Que doit contenir l’état daté ?

L’état daté, c’est un peu la fiche signalétique du bien vendu en copropriété. Il dévoile au futur acheteur les charges à venir et l’état des comptes attachés au lot. Ce document, défini précisément à l’article 5 du décret du 17 mars 1967 modifié, s’impose comme une étape incontournable avant la signature de l’acte de vente.

Voici ce que l’on retrouve dans cet état daté :

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  • Tout d’abord, la synthèse des sommes restant dues par le vendeur : charges impayées, provisions à régler, honoraires du syndic non acquittés. Ces montants doivent être réglés par le vendeur avant que la vente ne soit finalisée.
  • Ensuite, les charges à venir, à la charge du nouvel acquéreur. On parle ici des dépenses budgétisées mais non encore appelées, qui seront reprises lors du changement de propriétaire.
  • Viennent ensuite les sommes que le syndicat des copropriétaires pourrait réclamer au vendeur, il s’agit le plus souvent d’avances ou de provisions spéciales, qui seront remboursées au vendeur avant la signature définitive.
  • L’état daté peut aussi mentionner, si besoin, les procédures en cours au sein de la copropriété. Un point de vigilance pour l’acheteur.

L’état daté s’impose pour toute transaction en copropriété : sans lui, pas d’acte authentique, pas de cession.

À quel moment fournir l’état daté ?

Ce document ne laisse aucune place à l’improvisation. Il doit être remis à l’acheteur dès la signature du compromis ou, au plus tard, lors de la vente définitive. L’objectif : garantir à l’acquéreur une parfaite transparence sur les dépenses de la copropriété, sur les deux derniers exercices, et sur toute charge exceptionnelle non prévue au budget.

Dans la pratique, dès que le compromis est signé, le vendeur (ou son notaire) sollicite le syndic pour obtenir l’état daté. Celui-ci doit être communiqué en temps utile pour que l’acheteur puisse se faire une idée claire des frais qui l’attendent. Cette démarche peut aussi être directement prise en charge par le notaire en charge de la vente.

La facture de l’état daté revient au vendeur. Le tarif est fixé dans le contrat liant le syndic à la copropriété et s’échelonne généralement entre 200 et 500 euros selon la région ou la complexité du dossier. Un coût à anticiper, mais qui permet au vendeur de s’assurer que ses comptes sont à jour, et parfois, de découvrir des arriérés à régler avant la finalisation de la vente.

Quelles conséquences en cas d’omission ?

Oublier de mentionner une procédure en cours dans l’état daté, c’est prendre un risque réel. Les contentieux ne sont pas rares dans les copropriétés : litiges avec un voisin, travaux contestés, frais imprévus… Toutes ces situations doivent apparaître dans l’état daté remis à l’acquéreur.

Si le vendeur ou le syndic omet volontairement une information (procédure judiciaire, frais engagés), leur responsabilité peut être engagée. L’acheteur, s’il découvre après coup une charge qui n’a pas été portée à sa connaissance, peut demander à ne pas en assumer le coût. En pratique, cela signifie que les sommes liées à une procédure non révélée ne pourront pas lui être imputées : elles seront déduites du prix de vente ou resteront à la charge exclusive du vendeur.

La vente d’un bien en copropriété ne se joue pas à la légère : chaque ligne de l’état daté compte. Mieux vaut s’entourer de professionnels avertis et s’assurer que rien n’est laissé de côté. Car dans la jungle des charges, des procédures et des règlements, la moindre omission peut coûter cher, et transformer une simple transaction en véritable champ de mines.

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