La fiscalité n’accorde aucune place à l’improvisation. Chaque euro, chaque seuil, chaque pourcentage trouve sa place dans un mécanisme aussi précis qu’un engrenage de montre suisse. Pour comprendre comment fonctionne le calcul du taux d’imposition sur le revenu en 2021, il faut plonger dans la logique des tranches, ce fameux barème progressif qui structure la ponction fiscale sur les ménages français.
Tout repose sur le revenu net imposable. C’est lui, et lui seul, qui sert de base à l’administration. Le calcul de l’impôt sur le revenu pour 2021 s’articule en trois temps forts, que voici :
- Le revenu net imposable se divise par le nombre de parts du quotient familial.
- À ce résultat, on applique le barème progressif de l’impôt sur le revenu correspondant à l’année considérée.
- Le montant obtenu est multiplié par le nombre de parts pour déterminer la somme finale à régler.
En 2021, la grille d’imposition a subi un léger relèvement : +0,2 %. Cette mise à jour s’explique par l’évolution des prix à la consommation hors tabac entre 2019 et 2020, et elle a été entérinée par la loi de finances. Résultat : les seuils de chaque tranche montent très légèrement, mais le mécanisme reste inchangé.
Explications infographiques
Pour visualiser comment l’impôt se répartit, chaque revenu s’étale sur plusieurs tranches. Chacune d’elles se voit appliquer un taux différent. Voici les seuils et pourcentages en vigueur en 2021 :
- Pour les revenus jusqu’à 10 084 € : taux appliqué 0 %
- Pour la part comprise entre 10 085 € et 25 710 € : taux appliqué 11 %
- Pour la part comprise entre 25 711 € et 73 516 € : taux appliqué 30 %
- Pour la part comprise entre 73 517 € et 158 122 € : taux appliqué 41 %
- Pour la part au-delà de 158 122 € : taux appliqué 45 %
Pour que ce schéma prenne corps, deux exemples concrets permettent de mesurer la mécanique.
Exemple 1 : Célibataire avec un revenu net imposable de 32 000 €
Ici, le quotient familial est d’une part. Le calcul part donc de 32 000 €. Cette somme est ventilée selon les tranches :
- Jusqu’à 10 084 €, imposé à 0 % : 0 €
- De 10 085 € à 25 710 €, soit 15 625 €, imposés à 11 % : 15 625 € x 11 % = 1 718,75 €
- De 25 711 € à 32 000 €, soit 6 289 €, imposés à 30 % : 6 289 € x 30 % = 1 886,70 €
Ici, le taux marginal atteint 30 %. Pourtant, la majeure partie du revenu est taxée à des taux inférieurs. L’addition : 0 € + 1 718,75 € + 1 886,70 € = 3 605,45 €. Comme il s’agit d’une part, on multiplie par un : l’impôt final s’établit à 3 605 € (après arrondi).
Exemple 2 : Couple marié ou pacsé, deux enfants mineurs, revenu net imposable de 55 950 €
Avec deux adultes et deux enfants, le foyer totalise trois parts (deux pour les conjoints, une part pour les enfants mineurs). Le revenu net imposable, 55 950 €, se divise donc par trois : 18 650 € par part. Voici la ventilation :
- Jusqu’à 10 084 €, imposé à 0 % : 0 €
- De 10 085 € à 18 650 €, soit 8 565 €, imposés à 11 % : 8 565 € x 11 % = 942,15 €
Le taux marginal de la famille atteint 11 %, mais là encore, seule une fraction du revenu est concernée. On multiplie le résultat par les trois parts : 942,15 € x 3 = 2 826,45 €. Après arrondi, l’impôt du foyer s’élève à 2 826 €.
Bon à savoir : le barème progressif n’est qu’un élément du calcul. Selon votre situation, d’autres dispositifs viennent moduler la note finale : plafonnement du quotient familial, décotes pour revenus modestes, réductions ou crédits d’impôt. Le calcul de l’impôt sur le revenu, derrière ses allures mathématiques, reste donc une affaire de paramètres personnels.
Au bout du compte, chaque situation fiscale raconte une histoire différente, modelée par la composition du foyer, les revenus, et le jeu subtil des tranches. Derrière chaque chiffre, ce sont des choix de vie, des trajectoires familiales, parfois même des paris sur l’avenir qui se dessinent. La fiscalité, loin d’être un simple exercice comptable, devient le reflet d’une société en mouvement.

