Homme d'affaires réfléchissant à un document de prêt immobilier

Taux d’intérêts : quand espérer leur baisse ?

8 février 2026

4,33 %. Ce chiffre résonne comme une claque pour tous ceux qui ont caressé l’idée d’acheter en 2023 : c’est le sommet atteint par les taux immobiliers, du jamais-vu depuis plus d’une décennie. Les choix de la Banque centrale européenne, l’inflation qui s’accroche, la croissance qui balbutie… Tout cela façonne un paysage où chaque baisse de taux se fait attendre, scrutée à la loupe. Pourtant, derrière le rideau des statistiques, certains établissements commencent à desserrer l’étau, tandis que d’autres préfèrent miser sur une longue période sans grands changements.

Chaque variation du taux immobilier vient remettre en jeu la capacité d’acheter un bien, bouleversant aussi le rythme du marché résidentiel. Les signaux restent brouillés : d’un côté, les institutions avancent avec prudence ; de l’autre, les emprunteurs espèrent, les oreilles tendues à la moindre annonce.

Pourquoi les taux immobiliers varient-ils autant ces dernières années ?

Jamais le crédit immobilier n’aura autant tangué que depuis la tempête de 2008. Depuis 2022, on a vu les taux grimper, puis hésiter, laissant même les courtiers les plus expérimentés sans repères. Au centre de ce ballet : la Banque centrale européenne, qui a relevé ses taux directeurs à tour de bras pour freiner l’inflation, avant d’oser une première baisse en juin 2025.

Voici quelques repères pour mesurer l’ampleur des changements récents :

  • Le taux immobilier moyen a bondi à 4,33 % fin 2023, avant de redescendre vers 3,1 % fin 2025.
  • L’OAT 10 ans, le thermomètre de la dette française, a franchi les 3,40 % à l’été 2025.
  • En juin 2025, la BCE a ramené ses taux directeurs à 2 %.

Tout s’enchaîne : l’inflation s’emballe ? Francfort serre la vis, et les banques répercutent la hausse sur les crédits immobiliers. Quand la fièvre des prix retombe, la détente arrive, mais sur la pointe des pieds. Que l’on soit en France, en Allemagne ou en Suisse, le rythme reste dicté par le tempo de la BCE.

Mais l’économie n’est pas la seule à tenir le gouvernail. Le climat international, guerre en Ukraine, incertitudes budgétaires, vient jouer les trouble-fête. Les investisseurs réclament alors une prime de risque, rendant la dette plus coûteuse, pour l’État comme pour les ménages. L’état des finances publiques, et notamment le budget 2026, devient un indicateur scruté par tous ceux qui vivent du crédit.

Face à ces aléas, les banques adaptent leur offre : elles gardent un œil sur leur propre coût de financement, la demande de logements, et la santé des marchés immobiliers. La tendance des taux naît donc d’un équilibre fragile, où s’entremêlent inflation, stratégie de la BCE, budget national et météo géopolitique.

Les forces qui poussent les taux d’intérêt à la baisse… ou à la hausse

Le mouvement des taux d’intérêt repose sur un mécanisme minutieux. Premier levier : la Banque centrale européenne, dont les décisions sur les taux directeurs influencent directement le coût du crédit bancaire. Depuis juin 2025, ce taux a reculé à 2 %, mais les banques ne répercutent pas toujours ce changement de manière uniforme ni immédiate.

L’inflation joue aussi son rôle. Quand la hausse des prix ralentit, la BCE peut envisager une politique monétaire plus souple, ce qui ouvre la porte à la baisse des taux. Inversement, une inflation persistante bloque toute tentative de détente rapide.

L’OAT 10 ans reste un autre baromètre : au-delà de 3,40 % à l’été 2025, cet indicateur pèse sur le coût du crédit en France. Ajoutez à cela les incertitudes géopolitiques, conflits, crises, tensions mondiales, qui gonflent les spreads obligataires et font grimper la prime de risque, renchérissant le crédit aussi bien pour l’État que pour les particuliers.

La trajectoire de la dette publique et les arbitrages du budget 2026 sont eux aussi surveillés de près. Dès que les marchés doutent de la solidité des finances françaises, ils exigent une rémunération plus généreuse, ce qui ralentit la baisse des taux et complique les projets immobiliers. Les banques, pour leur part, doivent doser entre leur coût de refinancement, la dynamique de la demande et les prix des logements. Dans cet équilibre mouvant, chaque décision venue de Francfort ou de Bercy peut retourner la tendance du jour au lendemain.

Quels scénarios pour les taux immobiliers en 2025 et 2026 ?

Le marché du crédit immobilier avance prudemment, mais sans baisser les bras. Après le pic de 4,33 % fin 2023, la moyenne des taux a reculé, pour se stabiliser autour de 3,1 % à la mi-2025. Cette accalmie doit beaucoup à la baisse des taux directeurs décidée par la BCE.

Pour autant, la vigilance reste de mise. Si l’inflation se calme en Europe, la porte s’ouvre à une poursuite de l’assouplissement monétaire. Mais l’OAT 10 ans, au-dessus de 3,40 % à l’été dernier, rappelle que la dette française se paie toujours plus cher, ce qui limite la marge de manœuvre des banques pour proposer des taux plus doux.

D’après l’Observatoire Crédit Logement/CSA, la moyenne des taux immobiliers pourrait se situer proche de 3,40 % en 2026. Les scénarios les plus optimistes envisagent une fourchette entre 2,5 % et 2,9 %, à condition que l’environnement économique ne s’enraye pas. Tout dépendra des arbitrages budgétaires, de la gestion de la dette et du contexte international.

Quant aux prix de l’immobilier, ils pourraient bien repartir à la hausse, de l’ordre de 1 à 2 % en 2026, réduisant d’autant le gain de pouvoir d’achat lié à une éventuelle baisse des taux. En Europe, l’Allemagne table sur une stabilité autour de 3 %, la Suisse reste sur des niveaux bas, tandis que le Royaume-Uni surveille son inflation de près.

Jeune femme consultant un conseiller bancaire avec un graphique

Conséquences pour les acheteurs : pouvoir d’achat, stratégies et marges de manœuvre

Depuis deux ans, le pouvoir d’achat immobilier a pris des coups. Quand les taux grimpent, la capacité d’emprunt fond : pour un ménage moyen, un simple 0,3 point de plus sur le taux réduit le budget de 35 000 euros. Même si la tendance se détend, les banques restent exigeantes. Elles scrutent le profil de chaque candidat, l’apport personnel, la stabilité de l’emploi et la gestion des finances, pour réserver leurs meilleures conditions.

L’extension du prêt à taux zéro, entrée en vigueur en avril 2025, redonne un peu d’air. Désormais accessible partout et pour la maison individuelle, il offre une fenêtre d’opportunité, en particulier pour ceux qui achètent pour la première fois. Autre atout à ne pas négliger : grâce à la loi Lemoine, la résiliation de l’assurance emprunteur à tout moment permet de rogner sur le coût global du crédit.

Côté investisseurs, chacun ajuste sa stratégie : certains temporisent, espérant des taux encore plus bas ; d’autres sécurisent leur opération, pariant sur la stabilité et une légère remontée des prix pour préserver leur rentabilité.

Voici deux leviers à ne pas négliger pour optimiser votre projet :

  • Mettez en concurrence plusieurs banques, pas seulement sur le taux immobilier, mais aussi sur l’assurance et les frais annexes.
  • Gardez un œil attentif sur l’évolution du marché et sur les dispositifs publics, pour ne rien rater des opportunités à saisir.

Sur un marché en mouvement, chaque décision compte. Les taux dessinent l’horizon, mais c’est la stratégie de chaque acheteur qui fait la différence. Qui saura tirer le meilleur parti de ce nouveau cycle ?

Articles similaires